Le « temps long » du Covid : un moment d’écriture

La notion de conséquences est très forte en ce moment. Des conséquences lourdes, des conséquences incertaines. Des conséquences aux implications futures nombreuses. Les jours de trésorerie insatisfaite étirent le temps des entrepreneurs pieds et poings liés. En réaction au « temps long » dont les racines sont rappelées par Phillipe Boyer dans sa chronique de La Tribune du 10 Avril, j’aborde en partie le rapport à une temporalité inédite que nous rencontrons aujourd’hui. Je porte significativement mon attention sur ce moment plus écrit que jamais pour les dirigeants et les entrepreneurs. Et pour tout le monde.


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La place des mots dans l’hyper connexion d’aujourd’hui : l’écriture au centre

La crise économique est actée aujourd’hui. Messages, lettres aux collaborateurs, lettres aux actionnaires, communications exceptionnelles. Les conséquences de la crise sont subies par le plus grand nombre. Toute communication intègre aujourd’hui la notion « d’épisode extraordinaire », et se fraie un chemin dans le nouvel ordre acceptable qui définit la sphère de réception du discours : solidarité et combat. Solidarité avec les soignants, solidarité avec les agriculteurs, solidarité avec les entreprises. On ne peut s’inscrire dans le paysage audible que par une clé d’entrée unique : le drapeau du combat forcené de la crise, quelle qu’en soit l’échelle.

  • La place des mots et la place des silences sont changées. On se tait mieux. Mieux dans le sens où le brouhaha des temps passés s’est recentré complètement. On se tait mieux c’est-à-dire que lorsqu’on se tait on communique quelque chose de bon. Le silence est devenu une des crêtes de la communication bien gérée du dirigeant. Et le chef d’entreprise s’exprime différemment. Il ou elle s’adresse à ses parties prenantes de manière plus précautionneuse. L’écrit le déploie. Un temps différent. Deux temps en réalité : celui de l’écriture et celui de la lecture. D’un à dix, d’un à cent mille, d’un à soixante-dix millions. Le temps de la lecture à l’heure du confinement est infiniment accru.

  • Dans ces discours il y a des démonstrations : les dirigeants démontrent leur responsabilité, leur leadership, leur combativité, leur attention aussi pour leurs employés, pour leurs clients, pour leurs partenaires et pour le monde. Le soin porté à l’écrit, et le soin que la plume porte à ses lecteurs est déterminant dans la transmission de leur posture, dans celle de leurs résolutions et de leurs actes. Écrire autorise cette démonstration.

  • La force de la vérité et de la transparence : En temps de crise la règle transcendante est l’absence de langue de bois. Tenir un tout autre discours aurait des retombées encore plus néfastes que d’ordinaire. Avoir un impact positif passe par le fait d’assumer des décisions qui seront sûrement difficiles. Les clés de compréhension des parties prenantes sont teintées de crise sanitaire, chacune des annonces connaît bien l’environnement de réception de son texte. La fidélité à la personnalité et à la personne du chef d’entreprise se transmet en mots.

L’écrit autorise la précision, l’incarnation et la puissance

Manipuler les lettres est une expertise dont les dirigeants mesure aujourd’hui le caractère précieux. Prévenir les écueils, cela s’écrit. Assumer des difficultés, cela s’écrit. Donner de l’espoir s’écrit aussi. La manière autant que le fond tient son rôle. Et l’écrit autorise l’incarnation, la reconnaissance d’une voix et d’un visage. Il autorise aussi une grande valeur aux communications qui sont entreprises. Car l’écrit s’entreprend, toujours.

Caroline Morlat,

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